Carnet 10 : Stockholm la durable entretient son excellente santé grâce à l’équilibre de son modèle social

Ce carnet de voyage se compose pour chaque ville d’un court billet décrivant une impression ressentie dans les capitales européennes ou d’un thème évoqué lors de mes rencontres avec leurs habitants.

En arrivant à Stockholm, j’ai d’abord vu beaucoup d’enfants, d’adolescents et de femmes enceintes. Dans des proportions rares au sein d’une Europe vieillissante. Le taux de natalité de la Suède n’est que de 1,66 enfant par femme et les Suédois ont l’une des meilleures espérances de vie d’Europe, mais les rues de Stockholm dégagent une réelle énergie que je n’ai pas retrouvé ailleurs. D’après les commentaires de Fredrik et Mattias, le modèle d’Etat-providence suédois explique grandement la bonne santé démographique du pays. Par exemple, la collectivité finance un congé de paternité, qui profite à 80% des pères et peut durer jusqu’à quarante jours.

En l’observant, on admire l’esprit rationnel et la volonté de justice qui ont guidé la mise en place et les réformes du modèle suédois depuis cinquante ans. Ainsi, dès la fin des années 1990, les Suédois se sont accordés sur un modèle innovant de financement de leur système de retraite équilibré par comptes notionnels (la retraite est ouverte librement entre 61 et 70 ans avec des incitations à poursuivre son activité au-delà de 65 ans; le montant des pensions prend en compte les cotisations versées, les périodes d’études, de service militaire et de congé parental, mais aussi l’espérance de vie restante au moment du départ en retraite).

On vante également la sobriété et l’efficacité des meubles Ikea. Les nouveaux quartiers de Stockholm – comme celui dans lequel j’étais accueilli – sont conçus avec la même intelligence pour allier habitat économe en énergie, connectivité aux réseaux de transports et présence d’espaces verts et de loisirs.

Un des nouveaux quartiers de la banlieue de Stockholm,
combinant habitat écologique, connectivité et cadre de vie confortable

 

Les bases de ce modèle social durable se retrouvent dans toute la Scandinavie, mais ce qui m’a fasciné en Suède, c’est le consensus qui réunit toute la population autour de ce modèle et -au moins chez les jeunes que j’ai interrogés- la volonté de l’adapter, notamment pour permettre une meilleure intégration des nouveaux immigrés.

Le prix à payer ? La plus forte fiscalité de l’Union européenne avec un taux de prélèvements obligatoires avoisinant les 50% du PIB… et un hiver rigoureux où le jour ne dure que cinq heures et les températures descendent régulièrement sous les -20°C !