Carnet 13 : Riga la russophile n’a pas coupé tous les ponts avec Moscou

Ce carnet de voyage se compose pour chaque ville d’un court billet décrivant une impression ressentie dans les capitales européennes ou d’un thème évoqué lors de mes rencontres avec leurs habitants.


La Lettonie est l’Etat balte qui semble avoir conservé les meilleures relations avec son grand voisin russe. Certes, la visite de Riga pourrait laisser penser le contraire. Qu’elle remonte au XIIIe siècle comme l’imposante cathédrale de la vieille ville ou à la fin du XIXe siècle comme les gracieuses maisons Art Nouveau d’Alberta iela, la surprenante architecture de Riga porte en elle l’indéniable marque de l’identité européenne de la Lettonie.

Néanmoins, j’ai remarqué au cours de mes discussions avec les quelques jeunes rencontrés que la Russie avait retrouvé une place centrale dans leur imaginaire politique, après avoir été rejetée par la génération qui a grandi dans le bloc soviétique. A ce sujet, je vous invite à comparer leurs discours avec ceux de Kadri, Annemari et Vytenis en Estonie et en Lituanie.

L’omniprésence de la Russie dans les présentations des jeunes lettons s’explique également par le caractère « binational » de la Lettonie, puisqu’un tiers de la population est russe. Gunta, Lauris et Vladimirs ont d’ailleurs tous les trois insisté sur la proximité de la Russie avec l’identité européenne et l’importance des relations géopolitiques et énergétiques entre l’UE et la Russie.

Le passé n’est pourtant pas oublié, comme le montre la visite de l’intéressant Musée des Occupations. Il retrace le calvaire enduré par les Lettons, peuple ayant obtenu une brève indépendance après 1918, avant d’être occupé successivement par les soviétiques (en vertu du Pacte germano-soviétique), puis les nazis après 1941, et de nouveau par l’URSS de la fin de la Seconde guerre mondiale à 1991.

Fort heureusement, la situation a changé et la Lettonie regarde désormais vers l’Europe. Toutefois, elle se présente toujours comme un intermédiaire utile avec Moscou, même si  le dialogue ne se fait probablement pas d’égal à égal…