Carnet 15 : Varsovie la reconstruite est un miroir des séquelles du vingtième siècle européen

Ce carnet de voyage se compose pour chaque ville d’un court billet décrivant une impression ressentie dans les capitales européennes ou d’un thème évoqué lors de mes rencontres avec leurs habitants.

 

S’il n’y avait les photos d’archives installées sur Rynek Starego Miasta, la grande place de l’ancienne ville, on oublierait presque le massacre survenu à Varsovie à l’été 1944. Alors que les armées nazies reculaient sur tous les fronts, les habitants de Varsovie tentèrent une insurrection contre l’occupant. Hitler ordonna le bombardement de la ville, réduite à l’état de poussière en quelques jours : 750 000 Varsoviens s’ajoutèrent aux cinq millions d’autres victimes polonaises de la Seconde Guerre mondiale et la ville fut rasée à 90%.

Le régime communiste a reconstruit progressivement la capitale selon les plans d’origine, en ajoutant quelques traces de son style architectural grandiloquent, comme l’immanquable Palais de la Culture et de la Science (237m). Rares sont les recoins de la ville qui datent d’avant 1944. Le passage devant les derniers immeubles du ghetto de Varsovie est, à ce titre, particulièrement émouvant.

Pour tenter de comprendre l’incompréhensible, le très documenté et très populaire Musée de l’insurrection donne un excellent aperçu des événements tragiques qui ont frappé la capitale polonaise. Pourtant, l’ampleur des destructions humaines et matérielles atteint la sphère de l’inimaginable.

Varsovie tente aujourd’hui de masquer les cicatrices de son terrible destin grâce à une modernisation accélérée par la perspective d’accueillir le prochain Euro 2012 de football. Même après cette rénovation, il est peu probable que la capitale polonaise compte parmi les plus belles capitales européennes – et les Polonais lui préfèrent souvent Cracovie, Wroclaw ou Gdansk – mais, en ce qui me concerne, la visiter constitua l’une des expériences les plus fortes de mon voyage.