Carnet 19 : Ljubljana l’imprononçable se prononce pour la réhabilitation de Napoléon

Ce carnet de voyage se compose pour chaque ville d’un court billet décrivant une impression ressentie dans les capitales européennes ou d’un thème évoqué lors de mes rencontres avec leurs habitants.


Dérivant du slave, du latin ou des aventures du héros mythologique grec Jason, le nom si difficile à prononcer de Ljubljana n’a pas d’origine certaine. Les influences sont multiples et il n’y a là rien d’étonnant lorsque l’on constate que la Slovénie, petit pays de deux millions d’habitants, est entourée par l’Italie, l’Autriche, la Hongrie et les Balkans.

Au cours de son histoire, troublée par deux tremblements de terre dévastateurs en 1511 et 1895, cette zone aura été notamment occupée par Rome, les Huns, les Ostrogoths, les Francs, puis l’Autriche et la Hongrie. Le bref intermède des conquêtes napoléoniennes procure davantage de liberté et d’influence à Ljubljana, qui est désignée capitale des Provinces illyriennes de 1809 à 1813.

Si la France voue toujours un certain culte à la personnalité de Napoléon Bonaparte, l’image de l’empereur français est bien moins reluisante dans les pays européens qu’il a vaincus et occupés. De nombreux historiens voient même dans la résistance aux invasions napoléoniennes le ferment des différents nationalismes qui se réveilleront en 1848. J’étais donc particulièrement surpris de découvrir dans le centre-ville de Ljubljana un monument en l’honneur de Napoléon, considéré comme un libérateur.

 

Après l’intermède napoléonien, le territoire slovène repasse sous le giron autrichien. Ljubljana s’embellit sous l’influence de l’architecte Plečnik durant la première moitié du XXe siècle. De la fin de la Seconde Guerre mondiale à 1991, la République socialiste de Slovénie fait partie de la Yougoslavie.

Aujourd’hui, la Slovénie est peut-être l’Etat membre le plus proche de l’Europe de l’ouest parmi les pays de l’ancien bloc de l’est ayant rejoint l’UE en 2004. Symbole de sa bonne santé économique, c’est le premier à avoir intégré la zone euro, le 1er janvier 2007. Ljubljana se présente comme une petite ville sérieuse et accueillante.