Carnet 2 : Lisbonne l’accueillante apprend à devenir une terre d’immigration

Ce carnet de voyage se compose pour chaque ville d’un court billet décrivant une impression ressentie dans les capitales européennes ou d’un thème évoqué lors de mes rencontres avec leurs habitants.

 

Monument associé aux découvertes à Belém


Les Lisboètes témoignent d’une formidable hospitalité à l’égard du voyageur européen de passage. Toutefois, à l’heure où la régulation de l’immigration divise les Etats-membres de l’Union européenne, la bienveillance portugaise est confrontée à l’afflux d’immigrés aspirant à une installation plus durable sur la terre natale du poète Luís de Camões. Le Portugal, qui était traditionnellement une terre d’émigration, tend à devenir une terre d’accueil depuis quelques années.

Après un premier essor de l’émigration portugaise dans l’entre-deux-guerres, la deuxième vague de départ date des années 1960-1970. Plus d’un million de Portugais ont émigré vers les pays du nord de l’Europe occidentale, avec la France comme première destination, pour 750 000 d’entre eux.

A l’inverse, le phénomène d’immigration est récent pour ce pays dont les dix millions et demi d’habitants sont vieillissants. Les nouveaux migrants sont venus des anciennes colonies d’Afrique dès la douloureuse décolonisation achevée en 1975, puis du Brésil, et enfin d’Europe de l’est depuis les années 2000.

De l’aveu de quelques Lisboètes interrogés, l’immigration n’était pas un sujet de crispation politique aussi tendu que dans certains autres pays européens. Néanmoins, cette attitude accueillante est en train d’évoluer, notamment en raison de l’accroissement du chômage (11%), alors que le Portugal est confronté à une crise économique sans précédent après deux décennies de croissance euphorique.

Afin d’éviter la dérive vers le communautarisme, la ville de Lisbonne – comme les autres capitales européennes – doit veiller à concilier mixité et tolérance à l’égard de ses immigrants, majoritairement venus pour des raisons économiques. La qualité de l’accueil offert par Lisbonne et ses habitants étant une des principales conditions de leur bonne intégration.