Carnet 22 : Bucarest la paranoïaque entretient le sentiment d’insécurité chez les touristes

Ce carnet de voyage se compose pour chaque ville d’un court billet décrivant une impression ressentie dans les capitales européennes ou d’un thème évoqué lors de mes rencontres avec leurs habitants.

Pour commencer, il faut reconnaître que la Gara de Nord de Bucarest ne procure pas une première impression très accueillante ! Des jeunes qui passent leurs journées à dévisager les arrivants et à scruter leurs bagages, des rabatteurs qui vous déconseillent d’utiliser les bureaux de change et distributeurs de billets officiels, des taxis louches qui vous harcèlent à la sortie… Le climat est peu rassurant.

Les incitations à la prudence se multiplient. Evidemment, il ne faut rien laisser trainer nulle part. Plus surprenant, on me conseille de ne pas montrer mon passeport si un policier me le demande dans la rue, ou de ne pas accrocher mon appareil photo autour du cou de peur qu’une jeune femme ne se jette dans mes bras… pour arracher violemment l’appareil.

C’est également la première fois que j’ai vu l’intervention de videurs dans un restaurant, d’abord pour écarter quatre jeunes venus vendre des faux portables, ensuite pour renvoyer sans ménagement un homme qui, assis à côté d’une jeune cliente, s’était mis à lui parler. Les récits de vols et d’agressions se sont multipliés pendant mes trois jours sur place, avec souvent des coupables tous désignés : les Tziganes, qui semblent être l’objet d’un racisme à peine voilé.

Ces incitations répétées à la plus grande prudence répondent-elles à une réalité ? Les guides indiquent au contraire que la délinquance à l’encontre des touristes a bel et bien décru dans la capitale roumaine. Personnellement, je n’ai eu à souffrir d’aucun problème, peut-être parce que j’avais redoublé d’attention. Une certitude demeure toutefois : cette réputation de ville dangereuse nuit à Bucarest, une étonnante capitale dont l’attrait architectural et culturel est sous-estimé.