Carnet 3 : Dublin la patriote boit à la mémoire d’Arthur Guinness, son icône touristique

Ce carnet de voyage se compose pour chaque ville d’un court billet décrivant une impression ressentie dans les capitales européennes ou d’un thème évoqué lors de mes rencontres avec leurs habitants.

 


Visiter Dublin pendant le Easter weekend permet de vivre deux expériences rares : la seule soirée sans alcool de l’année (Good Friday, le Vendredi Saint) et les commémorations de l’insurrection de Pâques 1916, gravée dans les mémoires irlandaises comme l’acte décisif de la résistance à l’occupant anglais et le premier pas vers l’indépendance obtenue en 1922.

L’Irlande est un pays plus jeune que ses voisins d’Europe occidentale. Elle donne le sentiment de ne pas être entièrement sortie de sa période d’affirmation nationale. Ainsi, les discours des habitants de Dublin rivalisent de patriotisme. Certains voient même dans la construction européenne un nouvel impérialisme que les puissances continentales tenteraient d’imposer.

On n’enlèvera pas aux Dublinois leur Irish Pride. Ni leur seconde fierté, intimement liée à la première : la certitude de posséder la meilleure bière du monde depuis 1759, date à laquelle le visionnaire Arthur Guinness a débuté la production de sa boisson de couleur « rouge rubis profond » surmontée d’une légendaire mousse crémeuse.

L’homme et la marque Guinness sont omniprésents à Dublin et supplantent les autres grands noms de la ville (Oscar Wilde, Jonathan Swift, James Joyce). A ce titre, la visite du Guinness Storehouse est un immanquable. Installé au cœur des usines de la marque et reprenant astucieusement le design d’une pinte, le bâtiment vous transporte à travers l’histoire de Guinness et son processus de confection unique.

L’exposition ne manque pas de détails laudateurs pour l’empire de la bière irlandaise : 10 000 pintes sont consommées par heure dans les pubs de Temple Bar lors de chaque weekend, 3 millions de pintes sont produites quotidiennement à Dublin et – point essentiel – deux minutes sont nécessaires pour servir une pinte dans les règles de l’art !

Arthur Guinness est glorifié comme une figure du panthéon national, au même titre que les insurgés de 1916. « Guinness is good for you » dit la publicité. So is it for Dublin, constate-t-on en savourant la pinte offerte dans le bar panoramique installé au dernier étage de l’exposition. Sláinte !