Carnet 4 : Londres la joueuse mise plus sur sa couronne que sur l’Europe

Ce carnet de voyage se compose pour chaque ville d’un court billet décrivant une impression ressentie dans les capitales européennes ou d’un thème évoqué lors de mes rencontres avec leurs habitants.

De Londres, on pourrait dire bien des choses. Cité cosmopolite, cœur artistique, poumon financier, population déjantée… La plus grande ville d’Europe est si diverse – et pourtant si typiquement britannique – qu’il est absolument impossible d’en faire le tour en quelques jours et d’en croquer le portrait en quelques lignes.

En 2012, la capitale anglaise accueillera les Jeux Olympiques pour la troisième fois de son histoire. Cette année, un autre événement retenait toute l’attention des Londoniens : le mariage royal du Prince William et de Catherine Middleton. Le moment tant attendu avait lieu ce vendredi 29 avril 2011 en l’abbaye de Westminster.

Le premier élément marquant au sujet de ce mariage est l’incroyable ferveur des Britanniques pour leur monarchie, qui profite à cette occasion d’une formidable cure de jouvence. Ensuite, l’aspect festif était omniprésent autour de cet événement, pourtant solennel dans le fond comme dans la forme. Deux millions de Londoniens (et de touristes) ont profité de ce jour de congés supplémentaire pour se rassembler dans un très bon état d’esprit sur le Mall conduisant à Buckingham Palace, sur la place de Trafalgar Square ou sur les pelouses de Hyde Park pour célébrer l’heureux événement.

Le plus drôle se trouvait toutefois dans les à-côtés du mariage. La presse a abondamment illustré ses reportages de photos des produits dérivés ou des fervents admirateurs de la famille royale qui avaient installé leur tente devant Westminster trois jours à l’avance pour être sûrs d’être aux premières loges. Un autre élément m’a particulièrement amusé. Les Britanniques sont férus de paris sportifs et hippiques. Certaines enseignes spécialisées avaient adapté leur offre aux questions existentielles qui ont animé les derniers jours avant le mariage. Les parieurs pouvaient ainsi miser sur la couleur du chapeau qu’allait porter la reine, la gravité de la gaffe que le Prince Harry ne manquerait pas de faire ou l’année de naissance du premier enfant.

L’Europe était donc la grande absente de ce séjour londonien. A la vue des nuées d’Union Jack agités par les sujets de sa Majesté, « so proud to be British » comme ils le revendiquaient à chaque coin de rue, l’Europe est loin d’être une priorité pour les Britanniques.