Rencontre avec Ana Laura Oliveira, étudiante en histoire à Lisbonne

Ana Laura, qui dit être très influencée par l’Angleterre, donne des réponses très contrastés, voire franchement défavorables à l’intégration européenne. Un témoignage dans la lignée de ce que peuvent penser les jeunes Portugais les moins exaltés par l’Europe.

 


Ana Laura Oliveira (Lisbonne) par myEuropeanDream

 

L’interview étant en portugais, Pedro a accepté de traduire les réponses d’Ana en français :

Je m’appelle Ana, je viens de Lisbonne, j’ai 20 ans. J’étudie Histoire à la Faculté de Sciences Sociales et Humaines.

Peux-tu présenter l’Europe en quelques mots ?

L’Europe, pour moi, c’est un espace géographique, où plusieurs pays se rassemblent. Pour les autres, c’est aussi un espace géographique. Beaucoup de gens la voient comme une unité, mais elle est vue aussi comme une division entre les pays. Cela dépend…

Quel est ton meilleur souvenir européen ?

Mon meilleur souvenir européen, c’est l’interrail que j’ai prit en Italie.

Quel monument symbolique de ta ville souhaites-tu nous présenter ?

La Praça do Comércio. C’est très grand. D’abord, tu as un contact avec le fleuve, puis tu as une place énorme devant toi avec une statue qui représente une mémoire nationale. La place a une histoire qui montre bien ce que le Portugal est ou a plutôt été.

Existe-t-il une identité européenne ?

Je ne crois pas. Il y a des identités nationales supérieures à l’identité européenne.

Quel oeuvre culturelle de ton pays souhaites-tu faire découvrir aux autres Européens ?

La musique contemporaine, des films aussi.

Quel oeuvre culturelle d’un autre Etat membre t’a-t-elle le plus marquée ?

Les films. La production cinématographique française et anglaise.

De quel autre pays européen te sens-tu le plus proche / le plus éloignée ?

Je me sens plus proche de l’Angleterre, je m’identifie le plus avec elle. Le plus éloigné… je ne sais pas, la Norvège. Ils sont très réglés là-bas.

L’Europe a-t-elle des frontières ?

Elle a des frontières et elle n’en a pas. Je pense qu’il existe un « sentiment » de frontière à l’Est, mais il y a des choses qui surpassent cette frontière, donc je ne trouve pas qu’il y en a une, du moins concrète.

Quel est actuellement le principal problème politique de l’UE ?

L’économie. Le plus proche des gens, c’est l’économie. Le plus éloigné, le problème de l’union politique à laquelle on est en train de réfléchir.

L’Europe fait-elle assez pour les jeunes et que souhaiterais-tu qu’elle fasse de plus pour toi ?

Oui. Peut-être réduire les prix des voyages. Elle devrait créer des structures pour les jeunes en voyage, pour les aider avec le logement, l’alimentation. Élargir les échanges culturels. Essayer d’intégrer l’Angleterre dans l’espace Schengen.

Que peut apporter le Portugal à l’Europe ?

Le Portugal pourra apporter une contribution à l’Europe, je ne sais pas laquelle. Peut-être culturelle. Peut-être avec la récente main-d’oeuvre qualifiée, des échanges au niveau du travail.

Quel est ton rêve européen ?

Aller dans tous les pays de l’Europe et les connaître tous. Passer une sémaine dans chaque ville et une autre dans les petits villages.