Réponses d’Erwann Calvez, étudiant français à Bordeaux

Erwann est étudiant à Sciences Po Bordeaux et suit le projet depuis le début. Il m’a transmis il y a quelques jours ses propres réponses aux principales questions du projet. N’hésitez pas à en faire de même afin d’enrichir la réflexion :

 

1 – Peux-tu nous raconter ton meilleur souvenir / ta meilleure expérience de l’Europe ?

Je pense à quelque chose qui symbolise ce qu’est l’Europe : le passage en train entre Montpellier et Barcelone, via Figueras. Parce qu’il n’y a aucun contrôle ; parce que cela ressemble à prendre un train entre Lille et Bordeaux ; parce que l’on comprend alors que l’on fait partie du même espace, du même territoire.

 

2 – Peux-tu nous présenter un monument particulièrement symbolique de ta ville ?

Les quais de la Garonne à Bordeaux. Ils ont été rénovés à l’initiative du maire, Alain Juppé et symbolisent sa volonté de changer l’image de la ville et de lui redonner une certaine dynamique. L’idée était d’en faire la première ville du Sud Ouest, devant Toulouse. Si Toulouse reste plus peuplée, l’attractivité de Bordeaux est indéniable et elle n’est plus la belle endormie du XIXème et du début du XXème siècle. Les quais de Garonne, notamment avec le miroir d’eau et la place de la Bourse, sont très beaux et devenus un lieu incontournable des sorties entre jeunes ou en famille.

 

3- Penses-tu qu’il existe une identité européenne ? Si oui, quels en sont les éléments constitutifs ?

Avant de partir vivre un an au Japon, je n’étais pas certain qu’il existe une identité européenne. Après cette expérience au sein d’un programme international, je tends à penser que cette identité désirée existe, bien qu’elle soit moins forte que l’appartenance nationale. J’ai remarqué une culture et des valeurs communes. J’ai trouvé notamment que l’importance donnée à la connaissance de l’histoire est plus importante en Europe que dans d’autres pays extra-européens. Cela s’explique peut-être en partie par les innombrables horreurs du premier XXème siècle en Europe.

 

4 – Parmi les œuvres culturelles représentatives de ton pays, laquelle/lesquelles souhaiterais-tu faire découvrir aux autres Européens ?

Les chansons de Charles Aznavour. Je crois qu’elles sont un formidable vecteur d’émotions et un bel hommage à la langue française.

 

5 – Inversement, quelle œuvre culturelle issue du patrimoine des autres Etats membres de l’UE t’a-t-elle le plus marqué(e) ?

C’est sûrement le livre de Primo LeviSi c’est un homme. Parce qu’en lisant cela, on sait ce dont l’homme est capable et pourquoi l’Europe ne doit pas mourir.


6 – L’Europe a-t-elle des frontières ? Si oui, lesquelles et sur quelle base les définis-tu ?

Pour moi, l’histoire est un élément déterminant dans la détermination de l’appartenance à l’Europe, surtout en ce qui concerne l’est de l’Europe où il n’existe pas de frontières objectives. A ce titre, je pense que la Turquie, qui a le plus souvent été tournée vers l’Europe, en fait partie.

 

7 - Quel est, selon toi, le problème le plus important de l’Europe aujourd’hui ?

Pour moi, c’est l’égoïsme, l’opportunisme et le manque de vision des nouveaux décideurs européens. La question des frontières et les attaques contre Schengen après la crise tunisienne sont révélatrices de ces égoïsmes nationaux et du manque de vision des décideurs européens, qui voient à court terme. Je ne retrouve plus non plus d’Européens convaincus parmi les chefs d’Etat et de gouvernement actuels. J’aimerais qu’un discours comme celui de François Mitterrand lors de sa dernière apparition au Parlement européen puisse être à nouveau prononcé (« le nationalisme, c’est la guerre »).

 

8 - Penses-tu que l’UE fasse assez pour les jeunes et que souhaiterais-tu qu’elle fasse de plus pour toi ?

Je trouve que l’UE met en place de nombreuses choses pour les jeunes qui poursuivent des études universitaires, que ce soit au travers de la bourse Erasmus ou encore de certains programmes de coopération mis en place entre certaines universités européennes et des pays extra-européen. Ainsi, je vais pouvoir partir étudier en Corée pendant un semestre grâce à l’Union européenne.

En revanche, je pense que la jeunesse qui ne poursuit pas ses études bénéficie moins des avantages de l’Europe.

 

9 - Quelle personnalité actuelle incarne-t-elle le mieux l’Europe à tes yeux ?

Je ne veux pas citer d’hommes politiques. Je pense maintenant à Julio Iglesias ou Nana Mouskouri, parce que quoiqu’on en pense, ils ont chanté dans de nombreuses langues qui composent une Europe qu’ils ont parcourue et où ils sont reconnus.

 

10 – Pour conclure, quel est ton rêve européen ?

Une grande célébration continentale pour le centenaire de la création de la CEE !